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Les perceptions des Clermontois sur la pollution aux particules fines

Publié le 2 mai 2019 Mis à jour le 20 juin 2019

Etude socio-économique réalisée par les étudiants du Master « Economie du Développement » de l’Ecole d’Economie de l’UCA

Les étudiants de seconde année du Master « Economie du développement » parcours « Développement durable » et « Economie de la santé » ont réalisé une étude sur la pollution aux particules fines dans l’agglomération clermontoise. Cette étude conduite entre Octobre 2018 et Février 2019, prend la suite d’un premier volet réalisé en 2017-2018. Elle a permis la mise en application, des connaissances théoriques et pratiques acquises dans les deux parcours. Les étudiants ont construit leur outil d’analyse (montage d’enquête, collation de données existantes), produit des résultats compréhensibles à l’aide de statistiques descriptives, et travaillé en équipe.

Cette étude a bénéficié du soutien de Clermont Métropole et du SMTC, qui s’est notamment traduit par une intervention de Mr Moreigne (Chargé de mission Environnement-Biodiversité, Direction Développement durable et Energie, Clermont Auvergne Métropole) et de Mr Ferri (SMTC). Elle a donné lieu à la rédaction d’un rapport qui a fait l’objet d’une présentation orale dans la salle du Conseil de Clermont Métropole le mercredi 6 mars 2019. Ces livrables utilisent des données existantes (données de pollution, données d’hospitalisation) mais aussi des données quantitatives collectées à l’occasion d’une enquête dans l’agglomération clermontoise et des informations qualitatives.

Les principaux résultats sont les suivants.

Concentration en particules fines (Source Atmo AuRA). Les données infra-journalières ont été analysées sur la ville de Clermont-Ferrand entre 2016 et 2018, alors que les données mensuelles ont été analysées sur la période 2007 – 2017. Les résultats des analyses permettent de repérer des régularités dans les concentrations de PM10. Les concentrations sont élevées en hiver et en automne et plus faibles en été. Elles diminuent les samedis et les dimanches. Deux créneaux horaires enregistrent des concentrations plus élevées. Le premier créneau concerne la tranche horaire 5h – 11h, avec un maximum de concentration à 9h. Le second créneau, moins net, concerne la tranche horaire 17h – 22h, avec un maximum de concentration entre 18 et 20h.

Données d’hospitalisation (Source DIM). Les hospitalisations pour pathologies cardiaques et respiratoires sont aussi marquées par la saisonnalité.

Le croisement des données d’hospitalisation et de concentration en particules fines permet de repérer un lien entre les deux. Ce résultat est à prendre avec précaution du fait de l’impossibilité d’ajouter de certaines variables de contrôle sur les caractéristiques des patients. En revanche, aucun lien n’est trouvé entre la concentration en particules fines et le coût des hospitalisations qui semblent être influencées par la nature des pathologies et l’âge des patients.

L’enquête quantitative sur la perception de la pollution aux particules fines a été réalisée en Janvier 2019. Les résultats montrent une sensibilité de la population à la pollution même s’il semble que la perception de l’intensité et des sources de la pollution diffèrent des données objectives. Plus de 40 % des individus interrogés déclarent ressentir des effets réguliers de la pollution aux particules fines sur leur santé, et seulement 30 % n'en ressentent aucun. Les clermontois attribuent souvent leurs troubles de santé à la pollution. L’étude quantitative fait aussi ressortir l’importance d’une meilleure information et communication sur la pollution, afin d’amorcer un changement dans les comportements. Les enquêtés sont favorables à une diminution de l’utilisation du véhicule personnel au profit des transports en commun seulement si le réseau s’étend, avec une plus grande fréquence de passage. En termes de santé

L’étude qualitative sur 28 personnes, réalisée en Novembre et Décembre 2018, montre que la pollution atmosphérique est bien moins présente dans l’agglomération que dans des grandes villes de France. La pollution atmosphérique serait principalement due au trafic urbain, à la présence de l’entreprise Michelin sur le territoire ainsi qu’au chauffage domestique. Les avis sont plus nuancés sur la qualité de la vie dans l’agglomération. Les personnes interrogées considèrent que sur bien des aspects, la ville de Clermont-Ferrand a encore des progrès à faire, notamment sur l’aménagement des espaces (espaces verts, espaces pour les piétons et les cyclistes). L’utilisation de la voiture est principalement justifiée sur des trajets mal desservis par les transports en commun, et pour des déplacements domicile - travail. Il ressort une demande d’amélioration et de développement du réseau des transports en commun, surtout en périphérie.